La Compagnie Grappa se lance dans une audacieuse création présentée pour la première fois au théâtre de La loge.

Si nous ne pouvons changer le monde

Tel en est le titre. Comme si, de façon implicite : si nous ne pouvons changer le monde, que pouvons-nous faire ? Que pouvons-nous changer ? Que nous reste-t-il ?

Fable

Marius est un homme. Ou plutôt Marius est un masque. Marius est un nez de Commedia del Arte qui se balade de visage en visage et sur chacun devient un personnage. Le personnage. Monsieur tout le monde. Marius est sympa, mais un peu pataud. Pas tellement gracieux. Pas vraiment très beau. Marius a une femme et un fils. Mais voici qu’au début de la pièce il apprend justement qu’il perd sa femme d’une façon qui nous demeure inconnue. On rencontre donc Marius au top de sa forme.

Faute de pouvoir changer la réalité toujours plus sévère avec lui, il tente donc de se changer lui-même. Ce qui n’est pas une mince affaire.

Plateau

Marius est un homme. Ce pourrait être une femme, un enfant, un adulte, un vieux. Marius, c’est toi, c’est moi, c’est tout le monde. Le fait d’assigner le personnage au masque lui donne une portée universelle, il devient une figure mythologique. Le choix d’un demi-masque est très juste puisqu’il conserve le sexe de celui qui le porte et par là lui donne un supplément d’universalité.  Ainsi chaque spectateur peut projeter son empathie et s’identifier à ce personnage principal que l’on suit dans ses péripéties.

Ses péripéties sont multiples, comme vous le verrez, et les quatre comédiens, à l’aide de simples costumes, jonglent avec les peaux de différents personnages  pour nous emmener  tantôt au bar, tantôt au parc pour faire un jogging, tantôt chez lui.

Apprécions donc ici la virtuosité et le talent de Nicolas Grosrichard, Emel Hollocou, Laura Lascourrèges et Coraline Mages qui, à eux quatre seulement et avec très peu de moyens, nous emmènent dans de multiples lieux, font jaillir différents personnages, alternant entre le jeu de masque et le jeu sans masque avec une précision et un brio rare et novateur.

La fable qu’il raconte est drôle et pleine de vie.

Le travail des comédiens, leur hargne à nous faire voyager est à la hauteur du message d’espoir que communique simplement la pièce.

Une curiosité à voir avec plaisir

 

http://www.lesouffleur.net/12918/si-nous-ne-pouvons-changer-le-monde/

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LE SOUFFLEUR – SÉBASTIEN THEVENET